lundi 23 juillet 2007

LE JOUR OU LA GAUCHE S’ARRETA... (1ère partie)

On ne peut jamais dire d’une catastrophe qu’elle n’a eu lieu en tout et pour tout que sur une journée. Non : une catastrophe est toujours annoncée par des signes avant-coureurs effrayants et néanmoins incontestables. Le ciel qui s’embrase, les océans qui se déchaînent, les oiseaux qui ne volent plus droit, les grands-mères qui se dévorent entre elles, les poils pubiens qui ne poussent plus, etc. Dans l’histoire que je vais vous conter, ces signes sont à ce point affligeants que vous allez dire sur un ton gouailleur : "C’est quoi cette mauvaise histoire de science-fiction ?!". Et vous auriez raison…

Tout commence dans un pays dévasté. Comme toujours. Un pays un peu trop sûr de lui où plus personne ne juge bon de hausser le ton, de critiquer, de s’opposer. Un pays soumis. Pire, un pays qui s’est soumis sans même qu’on l’y force. Un pays qui avait renoncé, en quelque sorte, et qui avait abandonné le pouvoir à la Droite. Vu qu’on caricature (?), nous dirons que la Droite était une organisation malfaisante composée d’hommes riches et influents, n’ayant pour seule ambition d’augmenter encore un peu plus leur richesse et leur influence. Et pour cela, ils tentaient par tous les moyens qu’on avait mis à leur disposition d’acculer le peuple dans l’ignorance et la pauvreté ! Mais c’est immonde me direz-vous, chers lecteurs ! Oui, ça l’est, surtout que le camp d’en face, la Gauche, était bien mal en point : la faction la plus importante, appelée le PS, avait été en grande partie contaminée par la Droite et ses membres se livraient entre eux une guerre sans retenue pour conquérir le pouvoir !

Il ne restait tout au plus à Gauche que quelques farouches résistants, les Cinq, obligés de se cacher dans l’ombre et de rester clandestins. Il y avait parmi eux des gens du peuple (comme dans tout bon film catastrophe, c’est le voisin sympa qui sauve le monde) : un jeune facteur idéaliste, un fermier moustachu moult fois condamné pour ses actes, une vieille ouvrière syndicaliste, une ex-hippie écologiste et une petite dame à lunettes au nom de mobilier de cuisine. Il ne restait plus qu’eux cinq et une poignée de civils pour tenir tête à la Droite. Et leurs forces s’amenuisaient de jour en jour…

Et vint alors la plus grande menace qu’ils aient eu à affronter : le comte S. Il était membre de la Droite depuis sa naissance, et sa petite taille était inversement proportionnelle à sa soif de pouvoir. Voyant les élections présidentielles arriver, il lança son offensive médiatique trois ans à l’avance, s’assurant ainsi un net avantage sur ses concurrents. Eux, au contraire, ne prévoyaient rien, préférant gesticuler dans le vide ou se révolter à voix basse. Au PS, ils en étaient même arriver à se battre entre eux pour désigner qui serait chargé de contrer la Droite et le comte S. Finalement, au terme de luttes fratricides dévastatrices pour leur camp, il choisirent par défaut une jeune ingénue, Ségolène, dont la candeur naturelle devait (du moins c’était leur plan) révéler au grand jour la fourberie du comte S. Seulement voilà, Ségolène se montra être tout aussi ambitieuse que son adversaire et se rapprocha dangereusement des idées de la Droite. Les Cinq, affligés par ce constat, auraient pu s’allier pour combattre, mais, comble du malheur, des différends puérils les poussèrent à se scinder, et l’union qui faisait leur force disparue, ils ne pouvaient faire le poids face à l’ennemi. La Gauche, qui n’avançait déjà pas très vite, ralentissait de plus en plus… et pile au mauvais moment !

(ouh, quel suspense ! - suite et fin dans la deuxième partie)

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