Déjà, bon nombre d'UFR (Unités de Formation et de Recherche) sont en grève contre le CPE et plus largement contre cette loi immonde sur l'égalité des chances (beurk, rien que le nom est gerbant), mais neuf UFR à ce jour se sont mises en grève il y a un mois pour protester contre le manque de moyens évident qu'elles subissent. Au départ, seule l'UFR Arts s'était mise en grève, sur initiative des profs, ce qui est compréhensible, puisqu'ils venaient d'apprendre que certaines heures qu'ils ont effectué ou allaient effectuer ne leur seraient tout bonnement pas payées. D'où leur décision de se mettre en grève (qui n'en est pas réellement une, puisqu'au fond, ils ne font que ne pas effectuer des heures qui ne leur seraient de toute façon pas payées). Mais cette démonstration par l'extrême du manque cruel de moyens dans l'UFR Arts a permis de crever le tabou de toutes les autres UFR "non-rentables" : certains profs donnaient déjà des heures de cours bénévolement ! Donc, bonjour, on est en France, à Strasbourg, capitale européenne, dans une fac à vingt minutes à pied d'un Conseil de l'Europe ultra-moderne et flambant neuf et on avait pas assez de sous pour payer des profs ou juste un nouveau projecteur pour la filière cinéma... Y a comme un problème...

A peine quelques jours plus tard, les élèves de l'UFR Arts se mettaient à leur tour en grève, réclamant non pas plus de fric, mais déjà assez de fric pour pouvoir fonctionner correctement. Et ça a été le déclencheur. Boostées par la contestation anti-CPE, d'autres UFR ont rejoint les Arts avec des revendications similaires : les STAPS (sport), les Sciences Historiques, Socio, et maintenant Lettres. (Je crois que j'en oublie, prière de me corriger... au martinet de préférence !) Ce mouvement de grève généralisé commence à s'étendre à d'autres villes en France : deux facs d'Arts à Paris viennent de se mettre en grève pour les mêmes raisons.

Les anti-CPE nous reprochent de protester pour "nos p'tits pinceaux". Peut-être, mais ce sont les étudiants des UFR citées plus haut qui participent aussi activement à la lutte contre la précarité. C'est simple, j'vois les mêmes aux AG anti-CPE et aux AG pour l'augmentation de moyens. Et de toute façon, les deux luttes convergent : lorsque le gouvernement privilégient les facs "rentables" (bizarrement les facs de droit et d'économie ne semblent avoir aucun problème de financement) à d'autres jugées "non-rentables", c'est-à-dire celles qui font réfléchir (arts, histoire, sociologie), il agit comme il l'a fait avec les intermittents ou la recherche, sauf qu'il frappe à la source, alors qu'on est encore ni artistes ni chercheurs. Cette attitude rentre profondément dans la volonté du gouvernement de précariser la société, afin de nous rendre plus dociles et plus rentables. Après tout, que sommes-nous, à part du bétail ?...

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Pour plus de détails sur les revendications et les actions menées par les UFR en grève de Strasbourg, je t'invite à te rendre sur le www.ufr-arts.c.la. (Celui qui me trouve sur les photos gagne un Milky Ways... si ça existe encore !)

WAAMOS !

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Article originellement posté le jeudi 06 avril 2006 à 16:57 sur le précédent blog d'ixios.